L'émission "On é pa d mouton" sur Tébéo a parlé d'Octopousse et d'Enquête(s), coup(s) de cœur & chocolat (à partir de la 23e minutes).
Pour ceux qui n'auraient pas pu voir l''émission, elle sera multidiffusée dans le mois sur Tébéo et accessible via le lien suivant : Emission "On é pa d mouton" du 25/01
Pour les retardataires, il ne vous reste que 17 jours pour participer au financement du roman. Faites vous plaisir! :)
Ce mercredi (demain quoi), à 19h30 sur Tébéo dans l'émission "On é pa d mouton" sera (a priori, on n'est pas à l'abri d'une coupe au montage) présenté Enquête(s), coup(s) de coeur & chocolat.
L'émission de ce mercredi sera consacrée à Octopousse et certains de ses porteurs de projets : Hope'n'Vibes L'Asso, Geocyclab, Enquête(s), Coup(s) de coeur & chocolat, Volun'tour et Entre tes mains.
Le reportage sera multidiffusé une trentaine de fois dans le mois. Il sera aussi visible et archivé sur le site de TGB : tgbtv.fr [ http://tgbtv.fr/ ] et sur le site de Tébéo.
Notre enquête avance, doucement mais sûrement. Nous nous rapprochons de plus en plus du but. Nous voilà lancées sur la trace de deux Benoît dont l’un doit être le prince charmant de Solenn. J’ai toujours aimé les romans policiers. J’ai lu un sacré paquet d’Agatha Christie et c’était pour moi un défi de trouver avant la fin qui était le meurtrier, en repassant méthodiquement les indices dans ma tête pour arriver à la bonne déduction. Donc mener l’enquête à la recherche de l’âme sœur perdue de Solenn est amusant et me fait sortir de mon train train quotidien.
On a deux adresses et deux numéros de téléphone donc plusieurs options s’offrent à nous. Deux en fait : soit nous leur téléphonons et leur demandons tout de suite s’il est le Benoît de la soirée et nous serons ainsi fixées immédiatement sur l’identité du prince charmant de Solenn, soit nous nous rendons chez eux afin d’être fixées, en vérifiant de visu, lequel est le bon.
Bien entendu, Solenn est toujours une adepte du « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » et donc du coup, on prend la voiture et faisons le tour de la ville à la recherche du fameux Benoît.
On se la joue un peu aux détectives privés ancienne école. Enfin nous sommes plutôt des caricatures de détectives. Nous avons mis nos lunettes de soleil, pris un bloc note et nos jumelles… Bref, nous avons toute la panoplie. Quand je vous disais que Solenn préférait toujours la difficulté : elle veut observer un peu sa proie dans son environnement naturel avant de passer à l’attaque. Elle veut bien connaître sa cible. Elle peut ainsi préparer sa technique d’approche et d’attaque. Aucune place à la surprise.
Nous commençons par l’adresse la plus proche de chez nous, ce Benoit habite dans le même quartier à deux rues de là où nous sommes, le 10 de la rue des plantes qui porte bien son nom d’ailleurs, toute la rue est bien fleurie. C’est une rue agréable, lumineuse et très colorée. Solenn s’imagine déjà y vivre dans une petite maison aux volets bleus avec son petit Benoît et leurs enfants… Solenn redescend vite sur Terre car malheureusement pour elle, la place de Madame Benoît a l’air déjà prise. Nous nous garons de l’autre coté de la rue, en face de la maison, lorsque nous voyons rentrer une voiture, une belle Mercedes noire métallisée de laquelle sort une grande blonde aux cheveux long très lisses, portant un tailleur de grande marque que l’on pourrait croire fait sur mesure (ce qui est peut être le cas d’ailleurs). La concurrence s'avère rude. D’autant que de la voiture sort aussi, un petit blondinet d’à peine 5 ans, complément à croquer. Je sens à ce moment-là, les espoirs de Solenn s’envoler en fumée. Benoît n’est sûrement pas l’homme de sa vie. Il a déjà trouvé sa moitié. Et Solenn, bien que toujours décidée à avoir tout ce qu’elle veut, a pour principe de ne jamais briser de couple, elle sait trop bien le mal que ça fait.
Nous attendons quand même que Benoît rentre du travail pour être vraiment sûres. Il y a quand même 50% de chance que ce ne soit pas le Benoît de Solenn. Et elle s’accroche à cette chance sur deux comme un alcoolique à sa bouteille. En attendant, nous observons avec admiration comment une mère cadre supérieure arrive à gérer de front une vie professionnelle d’ingénieur d’affaire et de mère modèle. C’est impressionnant de voir comment cette femme, en tailleur de grand couturier, une fois le travail terminé, peut chausser ses pantoufles et enfiler ses vêtements larges de maman gâteaux. Elle a l’air aussi à l’aise dans les deux domaines. C’en est écœurant. Elle fait tout avec une telle aisance : préparer le goûter, nettoyer la maison, repasser le linge… Tout est fait en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et bien fait !
De quoi donner des complexes à toutes les femmes du monde qui pour la plupart n’arrivent même pas à être parfaite dans l’un des deux domaines. Grrrrrrr.
Le cabinet de Nicolas n’est pas loin, on y est en cinq minutes en voiture, avec quand même un peu d’excès de vitesse, un feu et un stop grillés. Solenn est vraiment pressée de retrouver son prince charmant au risque de perdre son permis de conduire… voir même de nous tuer ! Je suis accrochée à la portière et enfoncée au fond de mon siège. Je ferme les yeux. C’est vraiment les cinq minutes les plus longues de ma vie… Pfiou, une fois arrivée, je détache ma ceinture et sors fébrilement de la voiture. Décidément cette journée risque d’être riche en émotion. Pas le temps de reprendre mon souffle que Solenn m’entraîne dans le cabinet de Nicolas. Évidemment une fois arrivées, il est en rendez-vous, il est dentiste. Nous l’attendons dans la salle d’attente et nous en profitons pour lire les magazines people qui sont disposées en pile sur la table. Certains ne sont pas tout récents et datent du début des années 2000, ce n’est pas avec ça que l’on va apprendre les nouveaux ragots sur les people. Enfin, j’en trouve un qui n’est vieux que d’un mois, c’est long pour un hebdo people, mais c’est toujours ça de pris. Celui de Solenn a presque un an et parle de la tentative de Suicide d’Owen Wilson après sa rupture avec Kate Hudson. C’est marrant quand on pense que maintenant il est marié et va avoir son premier enfant avec un mannequin australien. Elle est bien loin sa dépression et que Kate Hudson a eu un bébé avec le chanteur de Muse.
Nico vient nous chercher, après une heure de lecture hautement intellectuelle, tout surpris de notre visite.
« Salut les filles, ça va bien ? Solenn bien remise des excès d’hier soir ? »
« Nico, tu sais bien que je ne bois pas ou très peu donc jamais malade, ça n’est pas comme d’autres… » lui rétorque Solenn
« Ouais, bon. Qu’est-ce que vous faîtes là les filles??? Vous savez que je n’emmène pas Christelle au boulot ??? Elle est à la maison là»
« Merci Nico, nous sommes peut-être blondes mais pas complètement stupides !!! » rétorque Solenn mi agacée mi amusée
« Je peux faire quelque chose pour vous ? Un petit détartrage peut être ? »
« Non, nous ne somme pas là pour ça. Nous sommes là pour avoir quelques renseignements sur un gars qui était à votre soirée hier… » J’attaque vite dans le vif du sujet ayant perdu déjà suffisamment temps aujourd'hui. C’est du temps de perdu sur mes séries préférées.
« Ah oui lequel ? » demande Nico soudainement intéressé par notre venue « Lequel de mes potes a réussi à attirer l’attention de la très convoitée Solenn ? »
« Est-ce que tu connais un Benoît ? » demande Solenn sans relever les propos de Nico
« Bien sûr j’en connais même trois, mais rassure-toi seulement deux étaient à la soirée hier, c’est sur lequel que tu as flashé ? »
« Ben justement, j’en sais rien. C’est pour ça que je suis là. Le mien, il est grand, brun, plutôt beau gosse et il portait un costume Calvin Klein à la soirée »
« Alors j’ai une mauvais nouvelle pour toi ma petite Solenn si t’as pas plus de détails car ils sont tous les deux bruns et pas mal et étaient tous les deux bien sapés hier…»
« Mince, c'eût été trop simple ! »
En fait, elle a été un peu moins polie dans ces propos, mais je vais garder un langage politiquement correct pour retracer son récit.
« Si tu veux, je peux te donner les numéros de téléphone et les adresses des deux Benoît »
« Je prends, Merci »
Par où commencer … Avant toute chose, je vais prendre une douche rapide et m’habiller. Nous réfléchirons à une stratégie pendant que je préparerais le déjeuner et que nous prendrons des forces pour notre investigation. Je ne suis pas du genre à mettre 1h pour me préparer, j’enfile les premières choses qui me tombent sous la main dans mon armoire, même si ça ne va absolument pas ensemble et que j’ai l’air d’un vieil épouvantail. Le ridicule ne tue pas.
Je suis fin prête pour réfléchir à notre plan d’actions.
Solenn ne connait pas grand chose sur ce fameux Benoît mais suffisamment pour commencer les investigations.
Elle l’a rencontré chez Christelle donc c’est probablement un ami à elle ou de son copain Nico. Il s’appelle Benoît, il a 28 ans et doit sûrement travailler dans une grosse boîte avec un bon poste pour pouvoir se payer des costumes de grandes marques, à moins que ça ne soit un fils à papa.
Bon, c’est assez maigre comme indices mais toujours mieux que rien ! C’est mon côté toujours optimiste et positif qui parle.
Solenn et moi déjeunons en réfléchissant à notre stratégie de recherche pour l’après-midi.
14h03, on part en direction de chez Christelle pour essayer de récupérer des renseignements sur ce fameux Benoît. Heureusement pour nous, Christelle habite tout prés. Dans un quartier très sympa d’ailleurs, c’est super vivant et jeune, je me vois bien vivre là. En plus, elle a un petit appartement avec une mezzanine, très sympathique. Le seul inconvénient, c’est au 3e étage sans ascenseur. C’est bien pour faire un peu de sport, mais lorsque que l’on fait des courses et que l’on revient avec des packs d’eau ou de lait, ça devient un peu fatigant et beaucoup moins fun. Déjà nous en talons, on arrive à bout de souffle devant la porte, faut dire aussi que Solenn presse le pas. Je suis un peu à la traîne, je crois que je vais devoir me remettre au sport car si je n’arrive même plus à monter trois étages sans être à l’agonie ça devient un peu inquiétant… On sonne. J’essaie de reprendre un peu de souffle.
Christelle nous ouvre la porte, surprise de nous voir apparemment. Son appartement si propre d’habitude est un véritable champ de bataille. Il y a une quinzaine de bouteilles vides qui traînent dans l’entrée, sans compter les restes de pizzas froides sur la table et sur le sol. Il y a des verres éparpillés dans toutes les pièces. Mais je crois que c’est sans conteste la cuisine qui a subi le plus de dommages. Il y a des restes de guacamole étalés sur le sol, deux douzaines de bouteilles de bière vides sur la table, une quantité de plats et d’assiettes incrustées de restes de gratins, lasagnes et gâteaux de la soirée, qui s’entassent dans l’évier. C’est une véritable porcherie.
Avant de commencer l’interrogatoire, Solenn et moi lui proposons gentiment notre aide pour ranger au vu de l’étendue des dégâts. Elle accepte immédiatement et nous voilà parti pour un grand nettoyage de printemps. C’est là que je me rends compte que j’ai probablement raté une soirée mémorable.
À nous trois, la maison est nickel en moins de deux heures. Une fois le travail fini, on se pose sur le canapé pour reprendre des forces et mine de rien je suis épuisée (l’escalier puis le ménage, ça m’a tué). C’est l’heure du goûter, et pour nous remercier Christelle nous offre des petits gâteaux avec du thé. Elle sait vraiment bien recevoir ses amies car pour nous le goûter c’est super sacré. On est toutes les trois des supers gourmandes…
Nous pouvons enfin commencer notre interrogatoire et rentrer dans le vif du sujet. Solenn raconte de nouveau son histoire à Christelle, devenue très curieuse sur le sujet de notre venue. Manque de pot, Christelle ne connaît aucun Benoît. Les recherches ne s’annoncent pas bien. Christelle nous oriente vers Nico, il est au boulot maintenant, mais Solenn est tellement décidée à retrouver son Benoît qu’elle y fonce sans réfléchir. En partant, Christelle nous prie de la tenir informée de l’évolution de la situation avec le mystérieux Benoît. Elle est prise dans le jeu et elle adore les petits ragots et autres histoires.
[...] Mais alors que je suis en stage en Angleterre, je me remets à utiliser mon ancien compte et de nouveau, je me refais déconnecter de ma session d’iChat car connectée à deux endroits à la fois. C’en est trop. C’est très énervant. Je me sens impuissante et repense à mon cambriolage. Ce n’est pourtant que de retour en France un mois plus tard, que je retente de rentrer en contact avec le nouveau propriétaire de mon ordinateur. Je réessaye d’établir un dialogue, sans grand espoir, mais à ma grande surprise…
« Bonjour »
« Salut ! »
J’ai une réponse ! Je suis surexcitée. Une fois le contact établi, j’essaye de glaner des informations sur la personne qui est de l’autre côté de mon ordinateur.
« Ça va ? »
« Oui ».
« Tu t’appelles comment ? »
Au bout de quelques minutes de chat, j’apprends que je dialogue avec une jeune fille de 13 ans, en 5eme habitant à Ivry sur seine. Je me fais passer pour un jeune garçon de 15 ans pour faire en sorte qu’elle se sente en confiance. Je suis fière de moi. Non seulement je réussis à lui parler mais en plus j’obtiens des informations. J’hurle de ma chambre à mes parents que je suis en train de parler à la personne qui a mon ordinateur. Mon frère arrive immédiatement pour suivre l’affaire. Ce qui me surprend, c’est que la fille réponde alors que les photos de mes deux comptes sont les mêmes, mon identifiant pour lui était Steredenn et l’autre Ste84. Je trouve un peu bizarre que la personne ne se méfie pas et ne trouve pas ça louche. Tant pis pour elle, tant mieux pour moi. Une fois la conversation terminée. Je suis euphorique. L’espoir renait en moi. Je contacte immédiatement le commissariat d’Evry. J’explique au capitaine que j’ai pu entrer en contact avec la personne qui possède mon ordinateur volé grâce à iChat. Il n’a pas l’air de s’y connaître en informatique. Donc je lui suggère de contacter AOL pour essayer de récupérer l’adresse IP du voleur. Comme quoi toutes ces années à regarder des séries policières et scientifiques n’auront peut être pas servies à rien. Il dit qu’il va se renseigner. Mais au vu de ses compétences en informatiques et les résultats obtenus, je n’y crois pas trop. Et pourtant…
Quelques semaines plus tard, toujours pas de nouvelles. La rentrée approchant, je rachète un nouvel ordinateur portable pour l’année scolaire. A peine une semaine après, je reçois un coup de téléphone du commissariat d’Evry, c’est le capitaine de police que j’ai eu au téléphone lors de mes coups de fil répétés.
« Allo, Melle Clorennec ? »
« Oui. »
« Ici le capitaine Le Jeune du commissariat d’Evry. »
« Oui ? »
« Nous avons retrouvé votre ordinateur portable. Vous pouvez passer le prendre au commissariat quand vous le souhaitez. »
« C’est vrai ? C’est super ! Merci beaucoup. Je n’habite plus en région parisienne. Je vais me débrouiller. Merci beaucoup ! »
Ils ont retrouvé mon ordinateur avec la sacoche. Je suis un peu sous le choc mais tellement contente. Je n’y croyais plus. Tellement plus que j’ai racheté un ordinateur. Il me raconte que grâce à l’adresse IP, ils ont réussi à remonter jusqu’au domicile de la personne. Ils se sont donc rendus là-bas et y ont trouvé mon ordinateur. Le nouveau propriétaire de mon macbook était un père de famille, il avait acheté mon ordinateur sur un marché pour 300€ avec la sacoche. Ce n’était donc qu’un receleur. En même temps, il aurait pu se douter qu’un macbook de 5 mois, ça ne coûte pas 300€….
Je peux donc aller récupérer mon ordinateur à Évry quand je le souhaite. Ne vivant plus en région parisienne, c’est Christelle qui va le récupérer pour moi et le remet ensuite à mon cousin. Beaucoup d’intermédiaires, pour récupérer le fameux sésame. Christelle me relate tous les éléments de l’enquête et son entrevu avec le capitaine. Un beau capitaine selon elle, et je ne suis pas surprise car il avait une voix chaude et rassurante. L’histoire se termine donc plutôt bien. Je suis plutôt fière de moi. Comme quoi il faut être persévérant et ne jamais renoncer. Il y a toujours de l’espoir même quand on n’y croit plus, il faut juste tout mettre en œuvre pour que cela marche.
C’est cette première expérience fructueuse qui m’a donné envie d’aider Solenn à mener son enquête car en plus de réussir à résoudre le mystère, les sensations que procurent l’enquête sont incroyables. C’est grisant. Je suis donc partante pour une nouvelle aventure.
[...] « Sté, je suis désolée. Je les ai mises dans la boîte le matin quand je suis partie. J’ai bien regardé. Il n’y avait personne. Je ne comprends pas. »
« T’inquiète pas. C’est pas grave, ce n’est que du matériel. » dis-je en sanglotant.
« Qu’est-ce que je peux faire, Sté ? » je sentais bien au son de sa voix que Solenn s’en voulait et voulait tout faire pour m’aider.
« Rien. Je vais porter plainte demain matin. C’est pas de ta faute Solenn. Ça aurait pu arriver à n’importe qui.»
« Je suis vraiment désolée, Sté. C’est moi qui t’ai demandé si je pouvais dormir chez toi. Si tu ne m’avais pas prêté tes clefs, tu aurais tout. J’aurai dû dormir chez Arnaud. »
Arnaud était un ami de Solenn, ils s’entendaient bien à l’époque. Arnaud était un grand blond, bien en chair. Il portait des lunettes qui le mettaient bizarrement plutôt en valeur. Ce n’était pas mon style mais apparemment, il avait un certain succès auprès des filles. Il lui avait proposé de dormir chez lui en tout bien tout honneur mais il n’avait qu’une chambre avec un seul lit. Et comme Solenn savait qu’il avait des vues sur elle, elle ne voulait pas qu’il tente quelque chose car elle était en couple et tenait à cette amitié, même si Arnaud s’était proposé de dormir sur le sol.
« Solenn, on ne peut pas refaire le passé. C’est fait. Je t’ai prêté les clefs. Tu ne m’as pas forcé. Ce n’est pas grave. Ne t’inquiète pas. »
« Tu dois être fatiguée. Je vais te laisser te reposer. Si tu as besoin de parler ou de quelque chose. N’hésite pas à m’appeler ».
« Merci Solenn. Bonne nuit. »
« Bonne nuit ».
Après une nuit courte et agitée, je suis allée porter plainte à la police, les yeux toujours aussi rouges que la veille. Je n’étais jamais rentrée dans un commissariat de ma vie. Je suis arrivée à 9h. J’avais cours le matin. Je pensais bien que je ne pourrais pas assister à tous les cours mais je pensais que j’aurais fini avant midi. Bien entendu, je me trompais complètement.
Après avoir montré une pièce d’identité à l’accueil. J’ai été escortée jusqu’à la salle d’attente. La salle était pleine. Je ne pensais pas qu’il y aurait tant de monde.
J’ai patienté donc sans dire un mot. J’ai attendu mon tour, je suis restée immobile, les yeux dans le vague. Le temps semblait s’être arrêté. Les heures ont défilé mais le nombre de personnes dans la salle d’attente n’a pas diminué.
Midi, mon tour est enfin venu. Une personne m'a conduite dans un bureau où plusieurs personnes étaient déjà en train de porter plainte. Je me suis assise face à un jeune inspecteur très sympathique, au look très militaire : le crâne rasé et très musclé. Il portait de plus très bien l’uniforme. Ses yeux de cocker, son sourire et sa gentillesse m'ont tout de suite mise à l’aise. Il a remarqué mes yeux rouges. Je lui ai expliqué mon cas. Il a écouté mes explications et enregistré ma plainte. Il m’a expliqué cependant qu’il y avait peu de chance que l’on retrouve mon matériel. L’affaire était pliée. Je suis partie, consciente à présent que je pouvais dire adieu à tous mes souvenirs et à mes affaires volées.
Mais la vie est faite de surprises et d'imprévus....
Quelques mois plus tard, ayant perdu tout espoir de remettre la main sur mes affaires dérobées, alors que j’étais connectée à ichat (version msn pour mac), je suis déconnectée car soit disant connectée à deux endroits différents à la fois. Mais ce n’est pas possible. Qui utilise ma session ? Je suis un peu surprise. Je contacte ma mère pour savoir si ce n'est pas elle qui utilise mon identifiant. Mais non. Mais qui alors ? C’est alors que me revient en mémoire le fait que j’avais mis sur mon ordinateur volé qu’ichat se mette en route directement avec le démarrage de l’ordinateur. Ça ne peut donc qu’être la personne qui a mon ordinateur volé qui se connecte et me déconnecte. Non seulement cette personne quelle qu’elle soit, voleuse, receleuse ou simple acheteuse, a mon ordinateur mais en plus elle se connecte avec mes identifiants et ma photo. C’est profondément énervant. Mon sang ne fait qu’un tour. J’appelle les flics pour savoir s’ils peuvent faire quelque chose. Mais non, rien. Je suis doublement énervée. Je me crée donc un autre compte, ajoute mon ancien compte comme ami et essaye d’entrer en contact avec la personne.
« Bonjour »
« Allo ? »
« Y a quelqu’un ? »
Silence radio. Dès que je lui adresse la parole, enfin façon de parler. Dès que j’écris un message à destination de mon ancien ordinateur, la personne se déconnecte. Les mois passent, et la fréquence de connexion du nouveau propriétaire s’espace et l’espoir de retrouver mon compte iChat et par voie de conséquence mon ordinateur s’amoindrit.
[....] Un ami d’école m’a rejoint dans ma chambre pour me réconforter.
Le bruit court vite dans les résidences universitaires. Mais ça faisait plaisir d’avoir du monde autour de moi à cet instant. J’avais l’impression d’être inconsolable et que je n’arrêterai jamais de pleurer. Heureusement qu’il était là. Même s’il ne savait pas trop comment me remonter le moral. Il était là et rien que le fait de ne pas être seule, me faisais sentir moins mal. Guillaume est un petit breton comme moi, il vient même de Brest comme moi. Il est super gentil et c’est un petit rigolo. Il est toujours prêt à faire la fête et à rigoler mais c’est aussi un bosseur qui met toutes les chances de son côté pour réussir. Mais c’est surtout un bon copain sur lequel je peux compter. On s’entendait super bien en école. Il essayait d’ailleurs avec un autre ami de me caser, même si cela partait d’un très bon sentiment, leur méthode n’était pas très efficace. A cet instant, j'étais à milles lieux de ces préoccupations. Il faisait nuit, il faisait froid et j’avais toujours autant de peine. J’ai appelé Christelle ma meilleure amie à l’école. Elle était toujours là dans les bons comme dans les mauvais moments. Cette petite blondinette montée sur ressort a un cœur en or. Je lui ai raconté entre deux sanglots ce qui venait de m’arriver. Elle m’a proposé de venir pour me réconforter. Mais elle n’habitait pas dans la même résidence et je ne voulait pas la déranger. Donc j’ai décliné sa proposition mais j’ai beaucoup apprécié, qu’elle se soucie de moi. Guillaume était toujours là. Il m’a dit de bien noter tout ce qui avait été pris pour pouvoir le préciser à la police et à l’assurance, ce que j’ai donc commencé à faire, minutieusement. Ma mère a rappelé 5 minutes après.
« Allo, c’est maman » Oui j’avais deviné, son nom et sa photo s’étaient affichés… « Ça va mieux ? »
« Oui » et effectivement, je commençais à me calmer. J’avais encore les yeux rouges mais je m'étais ressaisie et réussissais à ne pas pleurer.
« On a eu Yann au téléphone et il dit qu’il faut que tu ailles porter plainte. Ils te donneront une copie pour l’assurance. »
« OK, je vais faire ça. Merci. Bisous »
J’ai raccroché et expliqué à Guillaume ce que venait de me dire ma mère.
Il m’a conseillé d’aller porter plainte immédiatement. Je me suis demandée si c’était toujours ouvert car il commençait à se faire tard. Une grosse heure et demie s’était écoulée depuis que j’avais découvert que les clefs avaient disparues. Il s’est proposé de rester avec moi si ça n’allait pas. Mais ça allait. Je suis allée au commissariat le plus proche pour porter plainte mais je suis rentrée bredouille. C’était fermé. J’y retournerai le lendemain matin.
21h, quelqu'un a frappé à ma porte, c’était Christelle. Elle était venue me remonter le moral et avait apporté avec elle, une arme absolue : des boites de gâteaux et de chocolats. On se les était enfilés en discutant et en regardant question pour un champion spécial étudiant. On n’était pas mauvaises. On aurait pu monter une équipe, on aurait eu toutes nos chances. Mon chagrin était parti. Mes yeux étaient toujours rougis par les larmes. Je ne pensais plus à rien. Décidément le chocolat c’est bon pour le moral. Le remède pour ce genre de maux. Je me suis couchée de bonne heure. Contente que Christelle soit venue. On peut toujours compter sur ses amis dans les moments difficiles. Je sais que c’est du vu et revu des milliers de fois mais c’est tellement vrai et je n’ai pas beaucoup de problème donc je n’avais jamais eu l’occasion de le vérifier. Je n’ai pas été déçue à ce niveau là.
23h mon téléphone a sonné, c’était Solenn.
« Allo, Sté. Ça va ? Je suis désolée. J’avais laissé mon téléphone chez moi et j’étais partie à la plage et ensuite, je suis allée mangée avec Mathias »
Mathias et elle était encore ensemble à l’époque. Ils s’étaient rencontrés en math sup/math spé. C’était un gentil garçon mais comme indiqué plus haut, ce n’est pas l’homme d’une seule femme. Il n’a pas une beauté naturelle évidente mais avec il a beaucoup de charme, notamment grâce à son petit cheveu sur la langue. Il était très mordu de Solenn mais pas assez pour rester avec elle toute sa vie…
« Ouais ça peut aller » J’étais déjà au fond de mon lit, exténuée par les émotions fortes de cette fin de journée.
« Tu as retrouvé tes clefs ? »
« Non, l’enveloppe était là mais plus les clefs. Solenn on m’a tout volé, mon ordi, mon appareil photo, mes clefs USB, tous mes câbles informatiques… »
Et c’est reparti, je pleurais de nouveau à chaud de larme.
[....] Mon placard était grand ouvert, ma taie d’oreiller était sur le sol dans l’entrée ainsi que des chaussettes disséminées un peu partout sur le sol. Je suis rentrée doucement dans l'appartement. Mon frigo était entrouvert. Le concierge me suivait en conservant le silence. Dans ma chambre, le lit était défait. La première chose que j’ai fait, c’est regarder sous le lit pour voir si mon ordi y était toujours. Non, il n’y avait plus rien. J’ai explosé en sanglots. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. J'ai regardé dans le tiroir de mon bureau. Idem, l’appareil photo avait disparu. J’ai cherché dans tous les endroits où j’avais caché des objets. Tout avait été dérobé. J’avais dû mal à respirer tellement j’étais sous le choc. Le concierge ne savait pas quoi dire. Moi j'étais incapable de dire quoi que ce soit.
Il m’a conseillé d’appeler quelqu’un et surtout de dormir avec la clef sur la porte car les voleurs avaient toujours la clef et ils pouvaient revenir. Je n’y croyais pas et puis, j’étais trop malheureuse pour avoir peur. J’avais tout perdu non seulement des biens de valeur mais aussi beaucoup de données personnelles. Mes photos, que je n’avais pas eu le temps de faire développer, étaient toutes perdues, sans parler de mes histoires (mes nouvelles tapées directement à l’ordinateur), mes cours, projets et travaux en cours. J’avais aussi perdu des films et mp3 mais je n'y pensais pas.
Une fois seule, j’ai rappelé ma mère en sanglots :
« Maman, ils m’ont tout pris, j’ai plus rien ». Je reprenais mon souffle entre chaque mot. J’avais le souffle court. Ma crise de larme était au plus fort.
« Steredenn, calme-toi. Ça n’est pas grave, ce n’est que du matériel. Je te rachèterai tout. Plaie d’argent n’est pas mortelle..»
Elle avait bien raison mais sur le coup, tout devient disproportionnée et je me sentais inconsolable.
« Maman, j’ai tout perdu, mes photos, mes données… Tout. J’ai plus rien. » J’essayais de me calmer mais je n’y arrivais pas. Mes nerfs lâchaient. Je ne pouvais pas me contrôler.
« Ste, je n’aime pas te voir dans cet état. Tu veux que je vienne ? »
Je me suis calmée un peu. Suffisamment pour faire une phrase complète, sans reprendre mon souffle, coupée par la crise de larmes.
« Maman, il faut 6h de route pour venir. Je serai calmée depuis longtemps avant que tu n'arrives. »
Mais ce répit fût de courte durée, j’ai regardé autour de moi. Il faisait nuit et ma chambre était vide. Froide. J’ai repensé à tout ce que je venais de perdre et mes sanglots sont repartis de plus belle.
« Ste. Qu’est-ce que je peux faire pour te rendre le sourire ? »
« Maman, je sais pas quoi faire. Ils sont rentrés chez moi avec la clef. Comment ça va se passer pour l’assurance ? Il faut que j’aille au commissariat ? »
« Tu veux que papa téléphone à son neveu pour savoir comment faire ? »
« Oui je veux bien que tu appelles. »
Mon cousin est capitaine de police. Ayant une très grande famille, on balaye un large spectre de professions : militaire, policier, médecin, professeur, ingénieur, postier, concierge, chef d’entreprise, contrôleur aérien, agent immobilier, pilote d’hélicoptère, pompier, chef de rayon dans un super marché, avocat, diplomate dans une ambassade….
Une fois le téléphone raccroché, je me suis remise à pleurer. J’ai ressayé d’appeler Solenn mais toujours rien. A croire qu’elle se doutait de quelque chose.
Je ne pouvais pas respirer, j’avais de nouveau dû mal à reprendre mon souffle et je ne reconnaissais plus ma chambre.
Nous étions encore étudiantes au moment des faits et j’avais prêté mon appartement à Solenn pour une nuit pendant que j’étais en week end dans ma famille, en Bretagne. Je n’étais pas très chaude (et c’est le moins que l’on puisse dire) pour lui laisser mon appartement pendant que je n’étais pas là mais Solenn est ma meilleure amie et j’avais toute confiance en elle. J’ai d’ailleurs toujours confiance en elle. Je lui avais donc donné mon seul et unique jeu de clef, qu’elle devait mettre dans une enveloppe. Elle devait ensuite mettre l’enveloppe dans ma boite aux lettres le lendemain au moment où elle quitterait les lieux. J’avais gardé les clefs de la boite aux lettres. C’est une pratique courante de se prêter des clefs dans le milieu étudiant et de mettre les clefs dans la boite aux lettres et il y a rarement des problèmes….
Comme je rentrais en train ce week-end là, sur Brest, je n’avais pris que le strict minimum. J’ai donc laissé mon ordinateur portable, que j’avais caché dans une boite sous mon lit ainsi que mon appareil photo, caché lui aussi, dans un tiroir sous un amas de feuilles de brouillon. Comment ça je suis parano ? J’avais pris quelques précautions car au fond de moi, je pressentais un truc. A s’attendre au pire, on n’est jamais déçu… Je crois que j’ai un sixième sens car ça n’a pas manqué. Quand je suis rentrée le dimanche soir de week-end. J’ai ouvert ma boite aux lettres et comme prévu, l’enveloppe de Solenn s’y trouvait mais elle était vide. Je l’ai donc appelé, par acquis de conscience, pour savoir si elle n’avait pas oublié de mettre la clef dans l’enveloppe. Même si à cet instant je savais déjà qu’il y avait un problème. J’en été persuadée. Evidemment, comme toujours quand on veut joindre Solenn, elle n’est pas joignable. Je suis tombée sur sa messagerie. Elle n’est jamais là quand on a besoin d’elle !
« Solenn, c’est Sté. Est-ce que tu peux me rappeler s’il te plait. C’est urgent. Les clefs ne sont pas dans la boite ! »
Je commençais à paniquer. Les larmes me montaient aux yeux. Je suis très émotive et la moindre contrariété me fait pleurer. J’étais toute seule dans le hall du bâtiment à 500 km de chez moi. J’ai appelé ma mère en panique. Oui je sais. Après réflexion, c’était évident que ça n’allait pas faire avancer le schmilblick. Là où elle était, elle ne pouvait pas faire grand-chose pour moi…
« Maman, les clefs ne sont pas dans la boite. Je savais que je n’aurai pas dû prêter mes clefs. Qu’est-ce que je fais ?? » Les larmes commençaient à couler sur mes joues. J’étais en panique. Mes nerfs lâchaient. Ma mère toujours calme et pragmatique m’a demandé gentiment de bien vérifier si elles n’étaient pas dans la boite aux lettres.
« Maman, je ne suis pas idiote. La boite ne fait pas 15 000 km² ! Les clefs n’y sont pas! Il y a juste la lettre de Solenn avec son mot. Rien d’autres » Je commençais à m’énerver et à lui crier dessus alors qu’elle n’y était pour rien du tout.
« Mais qu’est-ce que je fais ? Je suis coincée dehors. Je n’ai pas de double et on est dimanche soir ! »
Des étudiants passaient dans le hall. J’étais en larmes et j’étais gênée qu’ils me voient dans cet état. Par miracle, j’ai été sauvée. Le concierge venu faire une réparation dans une chambre est passé devant moi. Je l’ai interpelé encore sous le coup de l’émotion et toujours au téléphone avec ma mère. Je lui ai expliqué mon cas. Enfin une lueur d’espoir, même si je devais encore patienter quelque instants. Il devait retourner chercher le double des clefs car il ne les avait pas sur place. J’ai attendu patiemment dans le hall en essayant de me calmer. J’ai appelée ma mère pour la rassurer un peu, vu que je l’avais appelé en sanglots et raccroché au nez quelques minutes plus tôt. Je lui ai expliqué toujours sous le coup de l’émotion l’évolution de la situation.
Le concierge est revenu avec les clefs un quart d’heure plus tard. J’ai pris l’ascenseur avec lui. J’habitais au troisième étage et avec mes bagages, c’était quand même le choix le plus simple et le plus évident. Bien que d’ordinaire, je prenais toujours les escaliers. C’est nettement mieux pour le cœur et ça ne peut pas faire de mal pour la silhouette. Le couloir était long. Il était désert et je me suis sentie comme un condamné qu’on emmène se faire exécuter. J’étais terrifiée, j’avais peur de découvrir, ce qui s’était passé chez moi. On s’est arrêté devant ma porte. Elle était fermée, à double tour, comme je l’avais fermé avant de partir. D’un coup, je me suis sentie soulagée. J’imaginais que rien ne s‘était passé. Mais ce soulagement ne fut que de courte durée. Le concierge a tourné la clef dans la serrure et a ouvert la porte. Et là le choc...
« Mais comment je vais faire ? Qu’est-ce que je vais faire ? Sté, s’il te plait aide-moi !!!! », ce sont les premiers mots que Solenn me dit en rentrant chez moi en trombe, presque en défonçant la porte. C’est la panique totale.
Elle me sort du lit. J’émerge à peine de mon sommeil. J’étais en train de faire un beau rêve en plus, mon rêve préféré avec mon beau prince charmant. Grrrrrrrrr le seul jour de la semaine où je peux faire la grasse matinée et elle m’enlève des bras du beau James Roday. Le sublime James. Mon idéal masculin. J’adore ce comédien, scénariste... J’aime beaucoup la série dans laquelle il joue. Psych, ma série préférée. C’est un jeune homme châtain, aux yeux vert, pas très grand. Il a une bouille attachante et un regard vif. Son personnage dans la série est toujours à faire des conneries. J’aime son sens de l’autodérision.
Qu’est-ce qui a bien pu encore arriver à Solenn? J’imagine une multitude de scenarii possibles le temps qu’elle reprenne péniblement son souffle.
« Il faut vraiment que tu m’aides s’il te plait, j’ai rencontré « LE » mec, le coup de foudre, le vrai !». Ok, jusque-là, tout va bien et je ne vois pas trop où est le problème. Elle rencontre son âme sœur pratiquement toutes les semaines, ça en devient un peu lassant à la fin. Elle s’assoit sur une chaise, se sert un verre d’eau, respire un bon coup et se met à débiter son histoire. Je m’assois à côté d’elle, encore un pyjama et les cheveux en bataille. Je ne suis vraiment pas très sexy au réveil et je l’écoute d’une oreille, à demie réveillée, luttant pour ne pas replonger dans les bras de Morphée.
« Hier, tu sais, j’étais invitée à la soirée chez Christelle, tu sais la petite blonde qui sort avec Nico »
« Oui oui, je vois. Tu sais, on était en classe toutes les trois… Je ne suis pas devenue complètement sénile encore !!» Parfois, Solenn a le don de m’énerver dès le matin.
« Ah oui c’est vrai, excuse moi. Bref, je ne voulais pas trop y aller car Mathias était invité et depuis qu’il sort avec cette blonde, cette petite garce écervelée qui ressemble à un mannequin suédois, je ne voulais pas le voir.»
(Ndlr Mathias c’est son ex, ils sont restés 4 ans ½ ensemble et pour tout le monde, c’était « LE » couple parfait et la suite logique était que leur histoire allait finir par un mariage et une série de bambins. On n’attendait plus que le faire part… Mais Mathias n’est pas un garçon très fidèle et l’idée de rester toute sa vie avec la même fille lui a fait peur, je pourrais même dire, l’a carrément fait flipper. Il a donc trompé Solenn pour la faire partir... Et ça a bien marché ! Elle a pris ses cliques et ses claques en lui laissant quelques surprises (plutôt désagréables) dans son appartement.
« Bref, finalement je me suis décidée à aller faire un petit tour. J’ai failli t’appeler d’ailleurs, mais je sais que tu n’aimes pas trop ce genre de soirées. »
« T’inquiète, j’étais bien tranquille chez moi au fond de mon lit devant un bon petit film. »
En fait, à trop dire non quand on m’invite à faire la fête, il arrive un moment où plus personne ne m’invite. Je dois dire qu’être seule, ça me plaisait au début, n’avoir de comptes à rendre à personne, mais la solitude au bout d’un certain temps, ça devient pesant et l’on a envie de s’amuser un peu… Mais bon, ma réputation est faite et tout le monde est persuadé que je préfère être seule. Tant pis, je fais comme si ça ne me fait rien que plus personne ne daigne m’inviter, même si intérieurement je me sens vexée et rejetée. Solenn ne remarque pas que ça me rend malheureuse et ne se rend pas compte que j’aurais aimé venir à la soirée aussi et continue son histoire.
« Je suis arrivée super tard, j’avais mis un temps fou à trouver LA tenue qui ferait regretter à ce petit crétin de Mathias de m’avoir trompée. Tu sais, j’avais mis mon petit top noir à paillette, super décolleté avec le soutif wonderbra d’Adriana. Bref, j’avais mis tout ce qu’il fallait pour attirer son attention (et celui de tous les beaux mecs de la soirée) ».
Je la reconnais bien là. Solenn a toujours été très rancunière et pour elle, la vengeance est un plat qui se mange froid et, en amour, elle n’a pas peur de faire des coups bas.
« Quand je suis arrivée, tout le monde était déjà là. Faut dire aussi que je suis arrivée avec 1h30 de retard. Il y avait du monde partout, il y avait beaucoup de bruit. En arrivant, j’ai tout de suite repéré Mathias et à ma grande surprise, il n’était plus avec son mannequin au QI proche de celui d’un mollusque mais avec une brésilienne au sang chaud qui ne semblait guère plus intelligente.»
Ah oui, j’ai oublié de préciser que Solenn, non seulement avait eu la chance d’être gâtée par la nature physiquement, mais elle avait aussi hérité d’un cerveau et sortait brillamment d’une grande école d’ingénieur. Niveau cerveau, je n’ai pas non plus été oubliée, mais quand on a le physique irréprochable qui va avec c’est encore mieux. Je me suis souvent posée la question : que valait-il mieux avoir : un physique de rêve et être complètement idiote ou être relativement intelligente et avoir un physique assez anodin. Si on se place du côté des mecs évidemment que la jolie idiote aura plus de chance mais si les mecs ne s’intéressaient qu’à mon physique la relation ne serait vouée qu’à l’échec car comme tout le monde le sait la beauté n’est pas éternelle et un jour, elle se fane. Donc je prends mon mal en patience, un jour, mon jour viendra et les hommes s’intéresseront enfin à moi. Un jour mon prince viendra, un jour il me dira des mots d’amour, des mots de tous les jours…
« Eh dis tu m’écoutes ??? »
Solenn me sort de mes divagations et rêveries.
« Oui oui, excuse- moi, j’étais ailleurs ». Encore perdue dans mes réflexions métaphysiques.
« Bref, Mathias m’a vu aussi et j’ai bien vu dans ses yeux que je lui faisais toujours de l’effet et j’ai joué la fille inaccessible. J’ai fait comme si je ne le voyais pas. Tu ne peux pas imaginer le plaisir que j’ai eu à faire comme s’il n’existait pas. J’ai papillonné d’un groupe à l’autre puis, il s’est approché de moi. Il m’a sorti le grand jeu. Il s’est excusé pour tout, il m’a dit qu’il regrettait de m’avoir laissé, que j’étais la femme de sa vie et qu’il voulait qu’on recommence tout à zéro… Je le tenais. Je jubilais, puis j’ai pris ma respiration et je l’ai littéralement envoyé sur les roses en lui disant que même si c’était le dernier mec sur terre, jamais, jamais, jamais, je ne reviendrais avec lui. Oh comme c’était jouissif ! Tu l’aurais vu, tout penaud, j’avais presque de la peine pour lui. Mais qu’est-ce que c’était bon de pouvoir prendre ma revanche… »
« En même temps, c’est bien fait pour lui ! T’as eu raison, je me rappelle quand il t’a plaqué, tu n’étais pas belle à voir… Tu te rappelles le nombre de gâteaux au chocolat qu’on avait ingurgité ce week-end là, c’était l’orgie !! »
Solenn et moi éclatons de rire. Les orgies de nourriture nous arrivent régulièrement ces derniers temps. En fait, tout est prétexte à un week-end chocolat : quand on a une mauvaise nouvelle, pour nous remonter le moral ou quand justement il y a une bonne nouvelle à fêter !
« Oui c’est vrai » Elle sourit, puis reprend son histoire. « J’étais donc d’attaque et de bonne humeur pour continuer cette soirée. Je suis restée un moment dans un coin pour savourer ma petite victoire en sirotant un cocktail très fruité, pas mauvais du tout ma foi. C’est à ce moment-là, que Benoît s’est approché. Nos regards se sont croisés : le coup de foudre total. Je n’avais jamais connu ça. Je frissonnais de partout. Incapable de prononcer un seul mot, on était plongé tous les deux dans les yeux l’un de l’autre. »
« Comment il est ? Vas-y raconte, je veux des détails ! Qu’est-ce qui s’est passé ?»
« Grand, brun, la peau un peu mate, une gravure de mode. Il était dans un costume Calvin Klein, super classe. Il en imposait et le regard… Wouah. Trop trop beau. J’étais complètement subjuguée par lui. Il m’a parlé, me sortant des banalités sur la soirée. Ça y est, j’étais accro, puis son téléphone a sonné. Il m’a gentiment demandé s’il pouvait décrocher. Bien sûr j’ai accepté, je n'allais pas lui dire non, je serais passée pour une mégère. Il s’est excusé et s’est éclipsé. Je l’ai attendu, attendu mais il n’est jamais revenu. »
« Tu ne l’as pas cherché ? »
« Bien sûr que si ! Je ne suis pas restée comme une potiche dans mon coin à me languir, je ne lâche pas prise aussi facilement. Au bout, d’une demi-heure d’attente, me semblant être une éternité, je me suis décidée à partir à sa recherche mais en vain. J’ai fait toutes les pièces de la maison. Il était parti… Tu te rends compte, je rencontre enfin l’homme de ma vie, mon prince charmant et il s’évapore. Steredenn, il faut absolument que tu m’aides à le retrouver. C’est l’homme de ma vie !! »
« Bien sûr je vais t’aider. Mais c’est quand même bizarre cette histoire… Pourquoi est-il parti sans rien dire ? Surtout s’il semblait lui aussi sous le charme… »
« Si je le savais… Mais je te jure, il s’est vraiment passé un truc. Le coup de foudre, le vrai. Faut absolument que je le retrouve !!!»
Ma vie est tellement palpitante que pour une fois qu’il se passe quelque chose, je ne vais pas rester à ne rien faire et puis, j’ai bien envie maintenant de voir en vrai à quoi ressemble ce mystérieux Playboy.
Et puis, mener l’enquête me plait beaucoup. Je suis une aficionado des romans, séries et films policiers. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de mener une petite investigation dans le passé. Un passé pas si lointain d’ailleurs. Je dois ce souvenir à cette chère Solenn...